"Avant, il était là. Toujours là. A l'écoute. Droit. Autoritaire mais doux. Juste. Solide.
Je pensais toujours pouvoir compter sur lui. Toujours pouvoir me reposer contre son épaule forte et compréhensible.
Mais tout s'est arrêté, comme ça, du jour au lendemain. Moi qui le croyais éternel. Fort, toujours debout. Invincible.
Mais non. Il est parti. Nous a laissé là. Sans nous laisser le choix.
Et tout vient de là. C'est comme ça que tout à commencé.
Une histoire. D'amour. Sincère. Amoureux. Une histoire solide. Qui semblait devoir durer. Longtemps.
C'est quand ça a commencé à devenir solide, que cette peur et cette panique sont apparues.
Peur d'être laissée là. Peur de la séparation. Peur de la souffrance. Peur de souffrir. Encore.
Et si, malgré cette relation solide à l'apparence imparable, tout s'arrêtait ? Comme ça, sans explication aucune ?
Car après tout, lui aussi était parti.
Ca devenait de plus en plus solide. Pareillement, bien que très différemment d'avec lui. C'est donc pour me protéger de cette éventuelle future séparation qui devait, pour moi, arriver, que j'ai coupé court à toute cette histoire.
Tout était bon pour introduire remarques, jalousie, disputes. "Sabotage relationnel" , parait-il.
Je ne voulais pas, encore une fois, être laissée là. Alors c'est moi qui t'ai laissée, pour ne pas que tu me laisses.
Me protéger de souffrances et séparation en provoquant souffrances et séparation. Stratégie de défense.
Mais peut-être n'aurais-tu jamais laissé place à ce duo. Tant pis. La logique ? Aucune, nulle part.
Certains appellent ça la peur de l'engagement. Peur de l'intimité, de la durée, de la solidification. Peut-être.
Peur de quelque chose de lié, soudé. Solide. Puis peur de la cassure. Subite. Nette. Irréparable.
Il est évident que c'est toi que je veux, puisque, sans hésitation, c'est vers toi que je reviens, à chaque fois.
Mais voilà, la trouille me tord le bide."


