"Alors ?..." "Ca se tient, ça se tient..."

"Alors ?..."   "Ca se tient, ça se tient..."

"Avant, il était là. Toujours là. A l'écoute. Droit. Autoritaire mais doux. Juste. Solide.
Je pensais toujours pouvoir compter sur lui. Toujours pouvoir me reposer contre son épaule forte et compréhensible.
Mais tout s'est arrêté, comme ça, du jour au lendemain. Moi qui le croyais éternel. Fort, toujours debout. Invincible.
Mais non. Il est parti. Nous a laissé là. Sans nous laisser le choix.
Et tout vient de là. C'est comme ça que tout à commencé.
Une histoire. D'amour. Sincère. Amoureux. Une histoire solide. Qui semblait devoir durer. Longtemps.
C'est quand ça a commencé à devenir solide, que cette peur et cette panique sont apparues.
Peur d'être laissée là. Peur de la séparation. Peur de la souffrance. Peur de souffrir. Encore.
Et si, malgré cette relation solide à l'apparence imparable, tout s'arrêtait ? Comme ça, sans explication aucune ?
Car après tout, lui aussi était parti.
Ca devenait de plus en plus solide. Pareillement, bien que très différemment d'avec lui. C'est donc pour me protéger de cette éventuelle future séparation qui devait, pour moi, arriver, que j'ai coupé court à toute cette histoire.
Tout était bon pour introduire remarques, jalousie, disputes. "Sabotage relationnel" , parait-il.
Je ne voulais pas, encore une fois, être laissée là. Alors c'est moi qui t'ai laissée, pour ne pas que tu me laisses.
Me protéger de souffrances et séparation en provoquant souffrances et séparation. Stratégie de défense.
Mais peut-être n'aurais-tu jamais laissé place à ce duo. Tant pis. La logique ? Aucune, nulle part.
Certains appellent ça la peur de l'engagement. Peur de l'intimité, de la durée, de la solidification. Peut-être.
Peur de quelque chose de lié, soudé. Solide. Puis peur de la cassure. Subite. Nette. Irréparable.
Il est évident que c'est toi que je veux, puisque, sans hésitation, c'est vers toi que je reviens, à chaque fois.

Mais voilà, la trouille me tord le bide."

C'est bien, la fac' de psycho'. On apprend vite.

# Posté le samedi 03 octobre 2009 13:41

Modifié le dimanche 04 octobre 2009 11:48

Un manque.

Un manque.
Comme une brûlure, un feu glacé, une séance d'acuponcture, un démembrement, quelque chose qui se déchire, là, dans la poitrine, du côté gauche, un souffle coupé et des larmes qui montent ; quand il surgit dans ma mémoire, il me manque.

# Posté le lundi 23 février 2009 18:27

Essayons... d'imaginer.

Essayons... d'imaginer.
"Et qu'est-ce que tu souhaites plus que n'importe quoi d'autre ?"

# Posté le jeudi 01 janvier 2009 17:59

Modifié le samedi 03 octobre 2009 13:44

Elle arrive.

Elle arrive.

Matière mi-liquide/mi-gazeuse, d'un blanc nacré presque trop pur mais bien moins innocente qu'un nuage doux ou qu'une boule de coton moelleux avec laquelle on pourrait la comparer, je la sens se glisser petit à petit autour de mon corps nu dans le but malsain de m'enrober, de me contrôler entièrement. Je la sais dangereuse. Elle avance vers mes pieds, sûre de sa force imparable, les englobe, remonte sournoisement jusqu'à mes genoux.
Je sai
s qu'elle n'est pas humaine, qu'elle n'a pas de visage, mais une moue cruelle, prête à m'attaquer, à me faire mal m'apparaît soudainement devant les yeux, et je comprends instantanément que c'est elle. Pendant qu'elle s'active tranquillement dans son ascension maléfique, mon sentiment de malaise grandit rapidement.
Je sens
ma tête tourner ; faiblement d'abord, comme une douce sensation qui m'enivre et me saoule agréablement, puis de plus en plus vite, comme un carrousel lancé à toute vitesse, effrayant de rapidité, dont on ne distingue plus qu'un tourbillon affolant de formes floues. Sans que je ne m'en rende compte, elle a continué de remonter et a maintenant atteint mon bassin. Je voudrais me soustraire de son emprise, mais je ne peux bouger d'un centimètre. Elle s'est refermée tout autour de moi et je comprends bien trop tard que c'est maintenant elle qui contrôle.
Je n
e peux ni frapper, ni courir, ni sauter, ni me laisser tomber. Pendant que je lutte pour essayer d'échapper à cette horrible matière, je la devine fière d'elle, un sourire cruel étalé sur le visage. Une vague de panique me submerge tout à coup. Je me comprends totalement impuissante. Les parties de mon corps déjà prisonnières de cette abjecte brume sont brûlantes de froid. Mais l'état dans lequel je suis la laisse indifférente. Elle s'est emparée de moi,
et n'a pas l'intention de s'arrêter avant d
e me posséder entièrement. Et elle continue de monter. Elle continue de se jeter goulument sur chaque centimètre libre de mon corps, de ma peau qu'elle trouve sur son passage.
P
lus elle monte, plus je me sens faiblir. Ma tête bourdonne, mes battements de c½ur bien trop rapides résonnent contre mes tempes tel le son de basses montées au maximum. Mes paupières ne tiennent plus ouvertes, mes jambes tremblent, sont sur le point de céder. Et brusquement, alors que je comprends que je n'ai plus aucune échappatoire et que c'est elle qui va gagner, je me mets à crier, à hurler, à m'époumoner. De peur, de rage.
Mais elle reste imperturbable et contin
ue. Mes bras croisés sur ma poitrine nue ne peuvent plus bouger.
S
euls mon cou et ma tête sont encore libres. C'est à ce moment là je réalise qu'elle va m'étouffer. Je penche la tête en arrière pour pouvoir hurler le plus longtemps possible. Je veux croire qu'elle va s'arrêter d'un seul coup,
q
ue quelqu'un va venir. Mais rien ne se passe, elle monte de plus en plus. Je l'entends se moquer, d'un rire glacial, affolant, et, dans un dernier tournoiement, cette brume atroce se renferme sur moi. Je ne perçois plus aucun son du monde extérieur. Cette enveloppe nocive est insonorisée. Plus personne ne peux distinguer mes hurlements de terreur et de haine. Alors toute énergie, toute force présente m'abandonne. Ma tête bascule en avant, mon menton se pose sur ma gorge, mes paupières se ferment, mon corps me parait vide, et je sens la flamme de vie que j'avais au creux de la poitrine s'éteindre. D'un coup, je la vois hystérique, complètement déchaînée, fière de son triomphe. Puis son rire gonfle, deviens assourdissant, vibrant, brutal, tonitruant, violent.

Elle a gagné. Le sait, et s'en félicite.

# Posté le dimanche 07 décembre 2008 08:49

Modifié le jeudi 11 décembre 2008 12:24